Mon frère, le bénévole - Randy Dominguez

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Mon frère, le bénévole

Mon frère, le bénévole - Randy Dominguez

Depuis notre enfance, mon frère a toujours été le petit gars gentil de la famille. Il supporte tout et comprend tout. Il ne ferait pas de mal à une mouche, et est très compréhensif. Mais également, avec ses camarades de classe, ou avec moi à la maison, il aime former et instruire. Il faut dire qu’il m’a beaucoup aidé dans mes devoirs quand j’étais petit, même si je ne m’entendais pas bien avec lui. Aujourd’hui, mon frère est devenu instituteur confirmé et pas n’importe lequel, c’est un bénévole d’une ONG qui se spécialise dans l’éducation des enfants de moins de 10 ans, et dans les pays les plus pauvres du monde. Certes, mon frère parcours le monde entier pour effectuer son travail, mais l’idée même du bénévolat, et de ne gagner que des miettes ne m’intéresse pas. Donc, je ne ferai jamais comme lui. Je suis le genre de personne qui fait appel à son planificateur financier sur les moindres investissements, alors, être bénévole, ce n’est vraiment pas mon genre. Dernièrement, mon frère nous a envoyé des photos de sa vie dans le fin fond de l’Afrique équatoriale. On le voyait très heureux, avec tous ces enfants. Il est très passionné en fait. Il adore ce qu’il fait, c’est-à-dire instruire, alors, même si c’est au bout du monde, ce n’est pas grave pour lui. Toutefois, en tant que frère, il n’est pas rare qu’il me demande de l’aide par rapport à sa situation financière. Et même si on me voit comme un homme très économe, à la limite du radin, je ne supporte jamais ces demandes, et j’envoie ce dont il a besoin. Et quelque part au fond de moi, je me dis qu’avec ces « dons » pour mon frère, j’apporte aussi pour cette humanité en dérive. Par ailleurs, quand mon frère revient de ces missions de 1 à 2 ans, parfois, il passe à la maison, et je ne cesse de lui proposer des postes qui seraient adaptés à son profil, mais il me dit toujours que ce n’est pas l’argent qui le satisfait le plus, mais vraiment la joie de voir les enfants heureux de son apport, et les résultats qu’il apporte dans l’éducation de ces derniers. Il n’empêche que je me sens mal en le voyant si maigre, et qui n’a encore ni femme ni enfant, ni maison d’ailleurs. Mais bon, j’accepte son choix de vie et je le soutiendrai au maximum. Je lui dois bien ça, parce que c’est un homme qui a du cœur, et qui aime aider les autres.