Une expérience hospitalière - Randy Dominguez

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Une expérience hospitalière

Une expérience hospitalière - Randy Dominguez

J’avais intercepté un jour une discussion entre deux vieillards assez âgés. Ils avaient tous les deux fait quelques séjours dans des hôpitaux. Ils y retournaient assez souvent, car un de leur plus grand plaisir était de se faire chouchouter par une infirmière. Ils avaient un malin plaisir à se raconter leurs expériences et à se les jauger les unes par rapport aux autres, sur tout ce qu’il était possible de faire faire à une infirmière lorsqu’on est alité. Ils paraissaient experts en la matière et d’après ce que j’entendais n’étaient pas prêt d’arrêter de se programmer quelques séjours hospitaliers pour assouvir leurs petites coquineries.

Je fus moi-même obligée d’aller à l’hôpital un jour. Une chute de vélo. Mes blessures débutaient de la tête jusqu’à la cheville gauche. J’attendais aux urgences quand une infirmière vint me chercher. Mes plaies furent d’abord nettoyées. Puis on me laissa sur un lit en attente que quelqu’un vienne m’inspecter plus profondément. Face à moi était projeté un ballet d’infirmières. Certaines marchaient, d’autres couraient, mais la plupart discutaient avec des patients. Une jeune infirmière s’approcha de moi pour savoir si l’on s’occupait de moi. Elle regarda ma fiche et me demanda de garder patience en attendant le médecin qui devait se libérer pour me rejoindre. Il arriva quelques minutes plus tard, accompagné de deux infirmières que j’aurais plutôt vu facilement faire le métier de garde du corps. On aurait dit deux immenses molosses prêts à mordre si par malheur, on bougeait un peu trop. Le médecin baragouina quelque chose aux deux mastodontes que je ne sus comprendre à ce moment-là. L’une d’elles resta avec moi, et tira le rideau.

Elle me fit des tâtonnements sur tout le corps comme on le fait sur un mouton pour voir s’il est gras. Sa délicatesse était telle, que j’avais l’impression qu’elle trempait ses ongles à chaque fois dans ma moelle. Je réagissais à chacun de ses gestes tout en me contenant pour ne pas me laisser à crier. Je redoutais plus un coup de baffe de sa part que ma propre douleur. Je lui posais juste une question. Qu’est-ce qui vous a donné chez vous l’envie de trouver un emploi infirmiere ? Elle me fixa des yeux comme un taureau fixe un picador. Ma question lui parue inconvenante. Je le ressentais fortement lorsqu’elle se mit à appuyer un peu plus fort avec ses doigts. Je serrais les dents en grimaçant, de sorte à ne faire sortir aucun bruit de ma bouche craignant une réaction incontrôlable venant d’elle. Elle me banda une partie de la jambe et du bras puis me mit quelques sparadraps un peu partout. J’étais enfin libre de partir. Je soufflais profondément la fin de mon calvaire quand elle me tendit un morceau de papier où était inscrit mon rendez-vous du lendemain. Je devais revenir à la même heure me refaire mes bandages avec elle. Je changeais d’hôpital sur-le-champ.