Une première tentative - Randy Dominguez

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Une première tentative

Une première tentative - Randy Dominguez

Un jour d’orage, je me retrouvais dans un magasin de Porte et fenetre Petite Nation. Je rentrais pour m’abriter de la pluie. Voulant faire semblant, je disais que je venais voir quelques fenêtres et quelques portes. À chaque fois que je me penchais sur un prix, ma bouche restait ouverte. Je n’aurais jamais cru que cela puisse être aussi cher. Je m’intéressais cependant à des fenêtres un peu plus modernes que celles que j’avais chez moi. Comme il pleuvait encore beaucoup, je demandais s’il y avait la possibilité de me faire un devis pour que je puisse me rendre compte de la somme que j’allais peut-être devoir payer pour changer toutes les fenêtres. J’en tombais à la renverse lorsque je lisais le total.

En rentrant chez moi, j’en parlais à mon père qui, depuis sa retraite, travaillait énormément le bois. Il en était au courant et savait parfaitement combien pouvait coûter une fenêtre. Je lui demandais s’il lui était possible d’en fabriquer. Il me disait qu’avec les bonnes mesures, rien n’était impossible. Je lui susurrais à l’oreille que si j’avais besoin un jour de changer des fenêtres, je ferais certainement appel à lui. Il ne me regarda, comme si je l’avais poussé à se lever trop tôt de son lit. N’empêche que je savais maintenant que je pouvais compter sur lui, si cela me prenait de faire quelques travaux en bois dans la maison.

Lorsque je demandais à mon père s’il voulait bien me faire quelques fenêtres, il me montra une scie, un marteau, et quelques clous, et me dit : ne te gêne pas ! Pends ce qu’il te faut ! Il le savait pourtant que je ne savais pas faire grand-chose avec mes mains. J’insistais encore pour qu’il m’en fasse une. Il me remontra du doigt les outils, et me dit : commence par une petite ! Tu verras, les autres suivront ! Je prenais une planche et je la regardais sur toutes ses faces, comme si c’était la première fois que je voyais une planche en bois. J’essayais de couper au mieux avec la scie, je collais les bords. Lorsque je montrais ma fenêtre à mon père, il fit une moue de dépit. Il la prenait dans ses mains, y plaça deux charnières et une vitre et alla la clouter sur la niche du chien. Je ne savais si c’était un compliment, ou sa façon de me dire d’arrêter à jamais de gaspiller du bois. Mmmm !